Netanyahou n’est pas sérieux... quand il parle de paix

Thème : Nétanyahou en actes et en paroles

par Ha’Aretz, éditorial de la rédaction

Traduction Tal Aronzon pour LPM

Caricature Amos Biderman, Ha’Aretz le 28/8/2014 – Bibi à ses ministres de la Maison juive et d’Israël notre Maison : “Baklawah pour tous !”

Ha’Aretz, le 2 septembre 2014

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L’attitude du Premier ministre durant la majeure partie de son mandat a fait tourner à la farce ses diverses proclamations et déclarations concernant de nouvelles ouvertures diplomatiques.

L’encre n’avait pas encore séché, après l’opération Bordure protectrice, sur les promesses de « vision diplomatique » et de « nouvelles opportunités au Moyen-Orient » faites par Premier ministre Benyamin Netanyahou, que lui et son cabinet étaient revenus à leur vieille politique, qui sert les intérêts des colons et de ceux qui refusent la paix.

L’annonce par l’Administration civile [des Territoires] de l’expropriation de 380 hectares de terres appartenant à des villages de Cisjordanie, afin de créer une ligne continue d’implantations entre le Goush Etzion et Jérusalem, en réponse à l’enlèvement et au meurtre de trois adolescents juifs dans le bloc d’Etzion, prive les slogans de Netanyahou de toute valeur.

Il en va ainsi comme de sa conduite qui, durant la majeure partie de son mandat, fit tourner à la farce sa déclaration de Bar-Ilan concernant son attachement à la solution à deux États et à son idéal de paix. Les annonces répétées d’expansion de la construction dans les implantations tout au long de neuf mois de négociations avec l’Autorité palestinienne ont mis un terme à ces pourparlers. Le résultat montre que Netanyahou persiste à prouver que les Palestiniens ont raison de clamer qu’Israël n’attend rien de ces négociations.

Il est difficile de comprendre pourquoi le Premier ministre prend la peine, de temps à autre, de semer l’espoir qu’il souhaite un accord de paix, alors que son gouvernement continue au même moment de construire dans les Territoires, ce qui ne représente rien d’autre que l’assassinat ciblé d’un tel accord. Le Premier ministre – qui donnait au début du dernier cessez-le-feu l’impression de s’être défait de son obsession d’ « absence de partenaire » [pour la paix] et d’avoir « découvert » le président Mahmoud Abbas, lequel a empêché durant les combats dans la bande de Gaza l’explosion d’une intifada en Cisjordanie – détruit lui-même les opportunités nouvelles qu’il prétend rechercher.

Netanyahou est guidé par les membres de la Maison juive au sein du cabinet, qui font ce qu’ils veulent de l’État et de ses ressources. Son attitude mielleuse envers l’électorat d’extrême-droite, attitude dont il s’était départi durant l’opération Bordure protectrice, est automatique.

La « réponse sioniste appropriée » à l’enlèvement et au meurtre au nom desquels le gouvernement israélien élimine toute possibilité de paix n’a rien de sioniste. Elle change Israël en un État paria mondialement boycotté qui sacrifie la paix sur l’autel de ses visées impérialistes et messianiques, et perpétue un conflit sanglant. Cela s’est vu au cours de l’opération Bordure protectrice, où 2 200 personnes furent tuées.

La « réponse sioniste appropriée » fait choir Israël de la poêle dans le feu, et risque d’aboutir à la fin de l’idéal sioniste.