"L’ombre du gouvernement Sharon forme un drapeau noir"

Thème : Révoltes et questionnements dans la société civile israélienne Camp de la paix israélien Une autre politique est possible

par Zehava Gal-On

discours de Zahava Gal-On lors de la manif à Tel-Aviv

Zehava Gal-On est députée du Meretz à la Knesset. Voici le discours qu’elle a prononcé lors de la manifestation de La Paix Maintenant / Coalition pour la Paix, samedi 6 avril à Tel-Aviv.

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

- L’ombre du gouvernement Sharon forme un drapeau noir
- Le noir de la guerre
- Le noir du deuil
- Le noir d’une cruauté inacceptable
- Le noir de l’occupation
- Le noir des cendres
- Le noir de la guerre du Liban
- Le noir de la violation des droits de l’homme
- Le noir de l’oppression
- Le noir est le contraire de l’espoir

Le gouvernement Sharon nous offre un avenir noir

En dépit des sondages du week-end, qui nous disent que l’opinion soutient Sharon, nous sommes ici parce qu’il est de notre responsabilité d’être ici, de nous tenir devant notre camp, pour avertir, et pour se souvenir.

Il est de notre devoir de nous assurer que, cette fois, nous ne mettrons pas 18 ans pour comprendre : le Sharon d’aujourd’hui est le même que le Sharon de la guerre du Liban ! Sharon n’est pas un homme d’Etat, il n’est pas un homme de paix, il était et restera un général. Sharon est un homme de guerre.

Le terrorisme est une monstruosité - une terreur dirigée contre des citoyens, qui prend la vie d’enfants comme d’adultes, jeunes et vieux, et qui transforme les lieux de loisirs en lieux de mort.

Malgre les difficultés, et cette souffrance insupportable, nous sommes tous ici pour dire que cette guerre est une guerre de tromperie, parce que la deuxième guerre du Liban d’Ariel Sharon est encore une tragédie, au cours de laquelle Israéliens et Palestiniens se font tuer et blesser au nom de la vengeance, au nom de la haine. Des soldats, nos enfants, nos fils, sont en train de mourir pour rien.

Et au nom de la vengeance, au nom de la défense de nos maisons, que faisons-nous ? Nous réoccupons Ramallah, la casba de Naplouse, ou Hebron. Ne nous trompons pas : il n’y a aucun doute que la prochaine étape sera de réoccuper Gaza. Et de nouvelles générations grandiront, dont le coeur ne nourrira que la haine.

Le Premier ministre, le ministre de la défense, le chef d’état major, nous disent que nous combattons l’"infrastructure de la terreur", et que nous le faisons par la réoccupation. Ils ne nous offrent aucune politique pour combattre la terreur.

Tous les généraux, passés comme présents, nous offrent :
- La vengeance au lieu d’une politique de securité
- La haine au lieu d’une politique d’accalmie
- Le deuil de nos enfants au lieu d’une vision
- Le désespoir au lieu de l’espoir
- La folie au lieu du retrait
- La guerre au lieu d’une politique ! La guerre n’est pas une politique !

Y a-t-il réellement quelqu’un pour croire, la-haut, dans les sphères gouvernementales, qu’il soit possible d’opprimer un peuple qui combat pour sa liberté ? Pouvons-nous réussir, avec toutes nos divisions, nos brigades, nos tanks et nos avions, à combattre la "base humaine de la terreur" ?

Pouvons-nous, en occupant, en opprimant, en blessant, en arrêtant, en interrogeant, en coupant l’eau et l’électricité, et en empêchant les ambulances d’évacuer les blessés, pouvons-nous arrêter l’infrastructure humaine de la terreur ? Nous sommes ici parce que nous ne le croyons pas ! Ce film d’horreur, nous l’avons deja vu !

En réalité, il s’agit d’une guerre pour la réoccupation. Autour de la même table, se tiennent Shimon Peres, Effie Eitam, Fouad Ben-Eliezer et Ariel Sharon, formant ainsi le nouveau parti de Sharon.

Le même Sharon qui exigeait 7 jours de calme a commencé aujourd’hui sa guerre des six jours. Une guerre de reconquête. Nous voulions revenir aux frontières de 67, mais Sharon nous a ramenés à la guerre de 67. Nous disons : fin de l’occupation. Sharon dit : davantage d’occupation.

Cette guerre n’est pas une "guerre imposée", c’est une "guerre choisie", le choix est connu et gravé dans le marbre : le plan Clinton. Il s’agit de :
- Fin de l’occupation
- Retour aux frontières de 1967
- Deux capitales à Jérusalem
- Evacuation des colonies
- Droit au retour dans l’Etat de Palestine

C’est le seul choix dont nous disposons, il n’y en a pas d’autre, et tous ceux qui sont rassemblés ici sont unis pour le soutenir. Nous appelons à soutenir l’initiative saoudienne - pour la première fois, le monde arabe a proposé un plan à l’Etat d’Israël : la paix en échange des territoires.

Remplacons les trois NON du sommet de Khartoum [1] par trois OUI :
- Oui à la paix !
- Oui à l’espoir !
- Oui à la vie !

 

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Zehava Gal-On