Israel Hayom, 31 décembre 2008

(article repris sur le site de Shalom Akhshav)
[->http://www.peacenow.org.il/site/he/peace.asp?pi=195&fld=561&docid=3468]

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant


Samedi dernier, nous avons pris le Hamas par surprise. Allah seul sait pourquoi ils ont été surpris. Qu’attendaient-ils exactement après avoir tiré des milliers de missiles sur les habitants du sud d’Israël ? Pensaient-ils que nous en demanderions encore ? Mais aujourd’hui, le moment est venu de les surprendre encore, cette fois en mettant fin aux opérations. Pas pour eux, pour nous.

A l’heure où ces lignes sont écrites, les médias rapportent (avec leur hypocrisie habituelle, sans mentionner les noms) la mort de deux sœurs, âgées de 4 et 11 ans, habitantes de Beit Lahya, au nord de la bande de Gaza. Ces deux fillettes n’ont pas « trouvé la mort », elles ne l’ont pas non plus cherchée. Elles ont été tuées, certes inintentionnellement, mais inévitablement, par des bombes de l’armée de l’air. Aux pauvres et aux enfants de nos villes, ceux qui « comptent avant tout », il ne reste qu’une question à poser : la mort de ces gamines va-t-elle renforcer la sécurité de nos enfants dans le sud, oui ou non ?

On peut, par exemple, se poser des questions sur les frères, les cousins, les amis et les voisins de ces deux sœurs. Vont-ils maintenant devenir plus modérés, plus partisans de la paix ? Ou bien plutôt, la liste des terroristes et des lanceurs de roquettes potentiels va-t-elle encore s’allonger aujourd’hui ? Quiconque a du mal à trouver la réponse est prié de penser aux effets des attentats terroristes sur les citoyens israéliens.

Une décision israélienne de cesser unilatéralement le feu provoquera deux effets possibles : soit le Hamas continuera ses bombardements, soit il cessera lui aussi le feu. Dans le second scénario, souhaitable, nous assisterons à un effort diplomatique en vue de parvenir à un accord qui répondra au besoin de sécurité des citoyens israéliens du sud ainsi qu’aux conditions de vie nécessaires aux habitants de Gaza. Au cas où se produirait le premier scénario, Israël se retrouverait libre d’agir, cette fois avec le soutien de la communauté internationale ainsi que celui, plus entier, de l’opinion israélienne (ces deux derniers s’affaibliront à mesure que dureront les opérations). La force, nous l’avons déjà montrée. Maintenant, il fait montrer un peu d’intelligence.

Une invasion terrestre de Gaza ou la continuation de la tuerie ne feraient qu’augmenter l’hostilité et éloigneraient toute chance de parvenir à ce qui constitue un intérêt vital pour Israël : un accord de paix avec les Palestiniens.

Les dirigeants du Hamas ne sont pas des partenaires pour la paix, c’est vrai. Mais les habitants de Gaza, si. C’est pourquoi il faut en arriver à des pourparlers de paix, par la force, soit, mais en préservant ses chances. L’avenir d’Israël ne prend pas fin à l’horizon visible à travers des jumelles de militaires, et le viseur doit avant tout servir à ne pas perdre de vue l’objectif.

Il est important de garder à l’esprit que notre avenir ne se joue pas le jour des élections, ne se résume pas à une action contre les Kassams, et ne se définit pas au QG de l’état-major. Notre but doit être un Etat à nous et non un Etat bi-national. Nous devons aspirer à des relations correctes avec nos voisins et à une vie normale pour nos enfants. Il est vrai que la route de Gaza à Genève est longue, mais nous devons progresser sur ce chemin. En premier lieu, il faut rechercher toute possibilité de cessez-le-feu. Ensuite, il faut suivre la piste de négociations accélérées, en vue d’un accord. Car il s’agit du seul moyen de jouir d’une vraie sécurité. En vérité, c’est à ce moment, et à ce moment seulement, que nous prouverons que ce sont nos enfants qui comptent avant tout.