Après le rapport Winograd, les Palestiniens craignent pour les pourparlers de paix


Ha’aretz, 1er mai 2007

[->http://www.haaretz.com/hasen/spages/854153.html]

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant


Des représentants palestiniens haut placés ont exprimé hier leur crainte que le rapport Winograd, qui blâme le premier ministre Olmert pour de graves erreurs dans la gestion de la guerre au Liban de l’été dernier, pourrait compliquer encore davantage les efforts de paix au Moyen-Orient, en affaiblissant encore son gouvernement.

Ce rapport, très sévère, qui a suscité de nombreux appels à la démission d’Olmert, intervient au moment où les Américains poussent à faire renaître le processus de paix israélo-palestinien. Un peu plus tôt cette année, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice avait obtenu d’Olmert et de Mahmoud Abbas la promesse qu’ils se rencontrent deux fois par mois, et qu’ils commencent à parler des contours d’un accord de paix. De même, le monde arabe a renouvelé le mois dernier son initiative de paix, qui offre à Israël une reconnaissance pleine et entière en échange d’un retrait total sur les frontières de 1967 et d’une solution au problème des réfugiés.

La prochaine rencontre Abbas-Olmert devait avoir lieu ces prochains jours à Jéricho, en Cisjordanie, mais elle a été remise, en partie à cause du rapport Winograd. Saeb Erekat, le négociateur palestinien, a dit qu’aucune autre date n’avait été fixée. “Nous considérons cela comme une affaire interne israélienne”, a dit Erekat à propos du rapport Winograd. “Nous voulons continuer à faire la paix avec le gouvernement israélien. Cela dit, nous espérons que ce rapport et ses résultats ne compliqueront ni n’entraveront encore davantage nos efforts pour faire revivre le processus de paix.”

Le vice-premier ministre palestinien, Azzam al-Ahmed (Fatah) a déclaré qu’il s’attendait à ce que les ennuis intérieurs d’Olmert prennent le pas sur ses relations avec les Palestiniens : “Nous nous attendons à ce que les difficultés augmentent après ce rapport. Avant même sa publication, j’avais souligné qu’il n’y avait pas réellement de partenaire israélien pour parvenir à la paix.”