Le conseil d’administration de Paris-VI s’est prononcé en décembre 2002 pour l’exclusion d’Israël du 6e Programme-Cadre de Recherche et de Développement Technologique (PCRDT) de l’Union Européenne. Cela concerne aussi bien la coopération scientifique au niveau des chercheurs et enseignants-chercheurs (participation à des colloques, projets de recherche communs ?) que les échanges d’étudiants. Cet accord, loin d’être une faveur exceptionnelle réservée à Israël, concerne aussi d’autres pays comme le Liechtenstein, la Norvège, l’Islande et la Suisse. Demander à l’Union Européenne de rompre cet accord est une erreur politique et stratégique :
1. Tout d’abord, ce n’est pas le rôle d’un conseil d’administration d’" une " université de prendre une mesure politique concernant un autre Etat : si des mesures de sanction doivent être prises pour" faire pression " sur la politique d’un pays étranger, ces décisions doivent être prises au plus haut niveau.
2. Cette mesure veut rendre les scientifiques et les étudiants israéliens responsables de la politique actuelle d’Israël. C’est nier d’une part, la diversité d’opinions au sein de la communauté scientifique, les scientifiques israéliens étant justement nombreux dans le camp de la paix, et d’autre part, le fait que les universités israéliennes sont un lieu de liberté d’expression et d’échanges.
3. Enfin, cette mesure est néfaste à l’objectif de paix et de réconciliation entre les deux peuples. La coopération scientifique est en effet un des derniers terrains où le dialogue se poursuit, dans les pires moments de tension. Si les projets scientifiques israélo-palestiniens sont suspendus, des échanges persistent encore de manière informelle. De plus Israéliens et Palestiniens ont des occasions de se rencontrer à l’étranger, dans des universités et des laboratoires de recherche. Isoler les Israéliens empêcherait ces échanges, et entraverait davantage la reconstruction du camp de la paix en Israël.
Pour ces raisons, la motion de Paris-VI revenant à exclure des étudiants et scientifiques, sur la base de leur nationalité était politiquement néfaste et moralement condamnable.