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Premières analyses sur l’après Arafat

mis en ligne le vendredi 29 octobre 2004
par La Paix Maintenant

Introduction : Alors que l’ état de santé de Yasser Arafat semble s’aggraver et qu’il doit venir recevoir des soins à Paris, les analyses concernant sa succession et les répercussions que sa disparition pourrait avoir sur la situation politique de la région, se multiplient. Vous aurez sans doute tous lu la presse française , nous vous proposons donc de vous communiquer une synthèse des réactions publiées dans haaretz jeudi.


-  la succession

Arafat n’ayant jamais accepté de désigner son successeur, les suputations et commentaires vont bon train.

La constitution palestinienne prévoit, en cas de défaillance du chef de l’autorité palestinienne, l’octroi par intérim de son poste, au chef du conseil législatif palestinien, et ce pour une durée de 60 jours. Ce laps de temps étant destiné à mettre en oeuvre un processus électoral.

Cette solution ne semble cependant être envisagée sérieusement par aucun commentateur.

La succession ne concerne pas uniquement la direction de l’Autorité Palestinienne puisqu’Arafat est également chef du comité executif de l’OLP.

Les noms d’Abu Ala et AbuMazen sont le plus souvent avancés. Danny Rubinstein indique meme que les postes de chef du comité exécutif de l’OLP et de dirigeant de l’autorité Palestinienne leur seraient respectivement octroyés et ce , malgré les différends qui les ont opposés à Arafat.

D’après lui, la jeune garde de l’establishment palestinien incarnée notamment par Jibril Radjoub et Mohammed Dahlan, soutiendrait les deux "vétérans".

Arnon Regular, quant a lui, est beaucoup moins affirmatif. Il envisage une liste de successeurs posssibles dont Abbas et Qorei, auxquels il ajoute Dahlan et Barghouti. Selon lui la succession fera l’objet d’une lutte sévère.

-  réaction en Palestine

Danny Rubinstein évoque la possibilité d’une éruption de violence qui pourrait provoquer l’effondrement de l’Autorité Palestinnienne et nécessiterait l’intervention d’une force internationale.

Amira Haas, quant à elle, analyse le manque de réaction de la population palestinienne qui ne s’est guère manifestée hier devant la Mouqata.

Selon elle, Arafat aurait perdu l’aura dont il bénéficiait jusqu’il y a quelques années et serait très critiqué aussi bien dans la poulation, qu’ au sein même du cercle de ses proches. L’un d’entre eux aurait selon elle confessé avec embarras, que le décés d’Arafat, s’il était imputable à des causes naturelles, serait une solution, car " lorsqu’il n’y a pas de changement au niveau interne, les gens attendent que ce changement vienne de l’extérieur". De plus en plus de palestiniens, continue-t-elle, disent "qu’aucun changement n’interviendra tant qu’Arafat est vivant".

Alors que les Israéliens reprochent à Arafat d’avoir plannifié l’intifada, et que les Americains l’accusent d’irresponsabilité, les Palestiniens ont des griefs totalement différents qui remontent au processus d’Oslo.

Arafat et son équipe auraient alors oublié que la population vivait sous occupation et mené des négociations stériles permettant à Israël de continuer sa politique de colonisation et de destruction de l’économie palestinienne.

-  Pourquoi rien ne filtre-t-il publiquement de ces critiques ?

Toujours selon Amira Haas, deux raisons majeures sont à invoquer. L’entreprise d’élimination politique d’Arafat par Israël et les Etats Unis d’une part, et le fait qu’Arafat represente aux yeux de nombre de palestiniens, l’image du père.

En conclusion, Amira Haas évoque "l’absurdité" et le "tragique" de la situation en général.

Pour les Israéliens Arafat n’est pas un interlocuteur valable, il est opposé a un réglement du conflit sur la base de deux états. Pour les Palestiniens, Arafat a refusé l’offre de Barak à camp David précisément parce qu’il est favorable à la solution bi étatique et que la proposition israélienne n’offrait aucune possibilité de créer un état palestinien viable.

-  réactions de la classe politique israélienne

Le caractère unilatéral du plan de retrait étant fondé sur l’argument selon lequel il n’y a pas d’interlocuteur valable pour négocier, nul doute que l’éventuelle disparition d’Arafat de la scène politique , change considérablement la donne.

Pas de grande surprise cependant dans les réactions : les travaillistes et le Yahad appellent à une reprise du processus diplomatique afin de coordonner le retrait avec les Palestiniens, alors que la droite et l’extrême droite demandent le gel du plan de retrait.

Silvan Shalom, ministre des affaires étrangeres, tentant de ménager la chèvre et le chou, a proposé ce matin d’attendre l’établissement du nouveau gouvernement palestinien afin de trouver un accord pour l’évacuation de Gaza.

On notera tout de même que les circonstances vont peut être permettre au Likoud de se resouder.

Il est fort probable selon Aluf Benn, surtout dans le cas où Kerry gagnerait les élections, que les USA avec l’appui de l’Europe ne tente de pousser Israël à reprendre des négociations si les modérés comme Abu Mazen succède à Arafat. Selon Aluf Benn, Sharon pourrait invoquer la menace du "chaos palestinien" pour résister aux pressions internationales et geler même le plan de retrait.

Enfin on notera pour l’anecdote, qu’ un membre de l’Union Nationale, parti d’extreme droite, a deja fait savoir qu’au cas ou Arafat mourrait, "des milliers de manifestants" feraient tout pour empécher qu’il ne soit enterré sur le mont du temple.

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