Papa a acheté un chevreau pour deux zouzim [1] [araméen, la suite est en hébreu, ndt]
Notre père a acheté un chevreau pour deux zouzim, ainsi le raconte la Haggadah [2].
Arrive le chat
Qui dévore le chevreau
Le petit chevreau tout blanc que notre père avait apporté.
Et arrive le chien
Qui mord le chat
Qui a dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Un chevreau...
Et voici qu’arrive un gros bâton
Qui bat le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Un chevreau...
Alors arrive le feu
Qui brûle le bâton
Qui a battu le chien
Qui avait mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Un chevreau...
Alors arrive l’eau
Qui éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Arrive le bœuf
Qui boit l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Arrive le boucher
Qui égorge le bœuf
Qui a bu l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Arrive l’ange de la mort
Qui tue le boucher
Qui a égorgé le bœuf
Qui a bu l’eau
Qui a éteint le feu
Qui a brûlé le bâton
Qui a battu le chien
Qui a mordu le chat
Qui avait dévoré le chevreau
Que notre père avait apporté, qu’il avait acheté pour deux zouzim
Que m’arrive-t-il, pourquoi chanter Had Gadia ?
Le printemps n’est pas encore là, ni Pessah’.
Qu’y a-t-il de changé ? Qu’y a-t-il de changé ? [3]
C’est moi qui ai changé
Cette année.
Car toutes les autres nuits, toutes les autres nuits [4]
Je ne posais que quatre questions [5]
Et cette nuit, j’en ai une autre.
Jusqu’à quand ce cycle de terreur ?
Persécutés et persécuteurs
Battus et battants.
Qu’y a-t-il de changé ? Qu’y a-t-il de changé ?
C’est moi qui ai changé.
Autrefois, j’étais un agneau, un chevreau tranquille.
Aujourd’hui, je suis un tigre, un loup.
J’étais une colombe, une biche.
Aujourd’hui, je ne sais plus qui je suis.
Papa a acheté un chevreau pour deux zouzim
Un chevreau, un chevreau.
Et encore une fois, on reprend depuis le début.