Vous avez créé le problème ? A vous de le résoudre !

Thème : Le conflit vu d’ailleurs Liban, Hezbollah, etc.

Asharq Al-Awsat
mis en ligne le 17 juillet 2006
par Tarik Alhomayed

le monde arabe n’est pas uni derrière le Hezbollah, loin de là, cet article le prouve. Au Liban, peu de voix s’élèvent contre lui, par peur de représailles violentes

http://aawsat.com/english/news.asp?...

Asharq Al-Awsat, 15 juillet 2006

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

La déclaration saoudienne sur les événements actuels au Liban et en Palestine [1] n’est ni particulièrement audacieuse ni particulièrement dure, mais elle est honnête, claire et directe. Elle remet les choses en place.

Qui décide du sort d’une nation ? Les gouvernements ou les individus ? Est-il raisonnable qu’un Etat arabe soit transformé en un Etat à deux ou trois têtes ? L’Etat libanais et son gouvernement peuvent-ils se permettre d’être les derniers informés qu’ils sont entraînés dans une guerre ? La libération de prisonniers, quel qu’en soit le nombre, justifie-t-il de pousser un pays entier dans la guerre ? Le Liban est-il le seul pays dont des citoyens sont détenus en Israël pour l’affronter tout seul, cela dit en ayant à l’esprit qu’il y a aussi des prisonniers syriens dans les prisons israéliennes ?

Ces questions méritent des réponses, tout comme le Liban mérite une vie meilleure. Il est triste que ce pays soit encore une fois le théâtre de ce conflit. Il est triste que le Liban et son peuple soient exposés à de telles tueries et à de telles destructions, alors qu’un certain individu a décidé de mener bataille contre Israël.

Pleurer sur le sort de la nation, user de faux slogans, tout cela laisse un goût amer depuis des années. Toutes nos crises ont été causées par des aventures irresponsables et par des rêves frivoles, de la part de certains groupes ou de certains pays. C’est la raison pour laquelle la déclaration saoudienne constitue un tournant important dans la résolution de la situation arabe.

Si les dirigeants disaient en public, clairement et fermement, ce qu’ils disent en privé, comme l’Arabie saoudite l’a fait par sa déclaration d’hier, notre situation serait bien meilleure. Nous ne serions pas dans le pétrin où nous nous trouvons aujourd’hui. Il n’y a pas de place pour la surenchère, il n’est pas normal que nos capacités et nos ressources soient menacées sous prétexte qu’un seul groupe a décidé d’enflammer la région, au service d’une cause qui n’est pas la nôtre.

Sayed Hassan Nasrallah [2] a dit qu’il n’avait consulté personne avant de kidnapper les deux soldats israéliens. Il a averti tout le monde, y compris les médias, contre toute déclaration qui ferait preuve d’un manque de solidarité envers lui, ou son parti, pour qu’aucune voix ne s’élève contre "la bataille". Ce genre de propos a eu son heure de gloire, et nous en connaissons les effets destructeurs.

Mais il ne s’agit pas seulement du Hezbollah : le président égyptien avait trouvé une solution entre le Hamas et Israël pour mettre un terme à la crise créée par l’enlèvement du soldat israélien, mais une autre partie, et j’aurais souhaité que le président égyptien l’ait nommée, est intervenue pour faire échouer la médiation [3] ! Les événements qui ont lieu en ce moment sont-ils vraiment liés à une libération de prisonniers ? J’en doute. En fait, ,je suis même certain du contraire. Les prisonniers palestiniens et libanais ne sont pas détenus d’hier, ou d’avant-hier.

Ceux qui prétendent mener le conflit avec Israël doivent en être responsables, en particulier quand Nasrallah se dépeint comme le seul leader du monde arabe, puisqu’il dit n’appeler personne à l’aide. Et cela s’applique également à Khaled Mesh’al [4] ! Soyez responsables de vos actes ! Vous avez créé le problème ? A vous de le résoudre !