Vice PM Ya’alon : « Shalom Akhshav est un virus »

Thème : Shalom Akhshav : action et influence Politique intérieure israélienne

Ha’aretz
mis en ligne le 20 août 2009

Plus intéressant que les remarques de Ya’alon, sur Shalom Akhshav comme sur le reste, est le malaise (au moins apparent) de Netanyahu. En d’autres temps, il tenait grosso modo le discours de Moshe Ya’alon.

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Ha’aretz, 19 août 2009

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a convoqué hier Moshe Ya’alon, ministre des affaires stratégiques, après sa récente attaque contre l’organisation de gauche La Paix Maintenant, qu’il a qualifiée de « virus ». Ya’alon, également vice-premier ministre, avait fait ce commentaire lors d’un meeting des dirigeants du parti d’extrême droite Mouvement de la Direction juive (ex-Front national), plus tôt dans la semaine.

Les déclarations de Ya’alon, rapportées hier soir par la chaîne 2 de TV, ont apparemment mis Netanyahou mal à l’aise, lui qui, pendant la campagne électorale, avait fait des efforts au sein du Likoud pour marginaliser ce parti, dirigé par Moshe Feiglin.

Selon les commentaires d’un membre important du Likoud, qui pendant la campagne de Netanyahou s’était enorgueilli de l’acquisition par le Likoud de Moshe Ya’alon, ancien chef d’état-major, le parti est lui aussi dans l’embarras. Il qualifie la relation politique entre Ya’alon et « les Feiglins » dangereuse et étrange.

Un autre membre important du Likoud dit : ["Ya’alon se révèle être un extrémiste qui ne comprend que les déclarations d’un ministre important du gouvernement nuisent au premier ministre, au Likoud et à Israël"].

Quand Netanyahou, en vacances en Israël, a été informé des propos de Ya’alon, il a dit des proches que cela était « très grave » et décidé de convoquer son vice-premier ministre pour clarifications.

Ya’alon, qui se considère comme candidat pour diriger le Likoud, était invité d’honneur à un meeting du parti Mouvement de la Direction juive à Jérusalem. Il s’est lancé dans une diatribe contre la gauche, les médias et les Américains.

Pour ["sauver le pays"], a dit Ya’alon, ["nous devons nous occuper du virus que constitue Shalom Akhshav et, si vous préférez, des élites qui font le plus grand mal. Je pense que les Juifs devraient pouvoir vivre partout en terre d’Israël, pour toujours."] Il a ajouté : ["En tant que chef d’état-major, j’ai souvent dit huis clos que les politiciens nous apportent la colombe de la paix et que l’armée doit passer derrière pour nettoyer."]

Ya’alon toujours : "Les médias et la gauche ont du pouvoir, ou de l’influence si vous voulez, sur Netanyahou. Malheureusement, les médias en général et d’autres acteurs - appelons-les les élites - ont un impact sur le discours public d’une façon distordue. Ils mentent, manipulent et trompent leur monde." A la question de savoir pourquoi nous avions peur des Américains, Ya’alon, très applaudi, a répondu : "Moi, je n’ai pas peur des Américains."

Ya’alon a encore dit que la situation en Israël était « non démocratique ». Il remarque que "nous avons ici des foyers de pouvoir qui ne répondent pas devant le peuple." Poursuivant sa critique des médias : ["Les défis ne sont pas simples, ni en eux-mêmes ni du fait de la confusion dont l’opinion israélienne est nourrie depuis les 16 dernières années. En fait, depuis le début du processus d’Oslo, i était clair que l’autre côté trichait. Depuis le moment où Arafat a franchi le passage de Rafah [pour entrer en Palestine, ndt], il trichait."

Ya’alon a déroulé devant le Mouvement de la Direction juive ses vues sur le terrorisme depuis le début du processus d’Oslo, et sur sa carrière (dont une partie au renseignement). Selon lui, la décision d’encourager une dynamique et une atmosphère de paix a mené à davantage de terrorisme. "Avec moi, pas de terrorisme", a dit Ya’alon. Parlant de Yehiye Ayash, qui fabriquait des bombes et avait été tué en 1996, il a dit : "Ils ont démenti son existence jusqu’à ce que son téléphone portable lui explose à la figure." Feiglin l’a félicité après ses propos et lui a dit : "Si Dieu veut, nous ferons mieux."

La tempête déclenchée par ses propos a laissé Ya’alon froid. Un communiqué de son cabinet affirme : "Ya’alon a rencontré le Mouvement de la Direction juive après plusieurs demandes de leur part et dans le cadre de ses rencontres avec les militants du Likoud. Ils participants savaient que ce serait filmé." Le communiqué dit également que les positions de Ya’alon sont bien connues et qu’il maintient toutes ses déclarations.

Ya’alon : "Il ne faut pas penser un instant que quand un gouvernement comme le nôtre est élu, le combat idéologique interne est terminé." Selon lui, le gouvernement a réexaminé ses positions sur les situations palestinienne et iranienne. Il tient bon face aux pressions américaines, et a provoqué une modification de leurs positions [des Américains].

Il a encore déclaré qu’on travaillait en coulisses et qu’il espérait que "très bientôt, une politique sera présentée, dont je partagerai les options."

Passant à l’anglais pour décrire le paysage politique israélien, il a dit : "It’s not right or left, it’s right or wrong", rappelant que Yariv Oppenheimer, secrétaire général de Shalom Akhshav, avait qualifié ses déclarations de « dangereuses », et de « menace stratégiques pour la démocratie. »

Du côté travailliste, son président, le ministre de la défense Ehud Barak, a déclaré que Shalom Akhshav constituait une partie importante du camp de la paix et qu’il faisait partie intégrante du débat public en Israël.

Des sources au parti Kadima ont appelé Ya’alon "le vrai visage de Netanyahou".