Sous les parasols de paradis fiscaux : le financement de personnalités et d’ONG de droite, d’instances publiques...

par Nir Hasson, Uri Blau

Traduction, chapô & notes :

Tal Aronzon pour La Paix Maintenant

Centre archéologique Davidson, Ïr-David, géré par ElâD. © Emil Salman.

Ha’Aretz, samedi 5 mars 2016

http://www.haaretz.com/settlementdo...

Le chapô de La Paix Maintenant

Venus en bonne part de sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux – comme les Bahamas, les îles Vierges et les Seychelles – sans que l’on puisse savoir qui se dissimule dans l’ombre, les dons à des associations vouées à la colonisation juive dans la partie orientale de Jérusalem font de la principale d’entre elles, ElâD, l’une des plus riches d’Israël. Soumise, comme toutes les associations à but non-lucratif à des obligations légales de déclaration d’origine de leurs ressources, elle s’y est apparemment dérobée des années durant.

C’est ce que vient de révéler une enquête exclusive du Ha’Aretz, à l’heure où les associations de gauche font l’objet d’une traque sans merci axée sur leurs sources de financement à l’étranger – pourtant d’origine légale, nous pouvons l’affirmer la tête haute pour ce qui concerne La Paix Maintenant. La démocratie israélienne, en cette occasion comme en bien d’autres, est en jeu.

Cela n’a pas échappé à quelques membres de la Knesseth qui ont aussitôt réagi, telle Tzippi Livni pour qui la transparence ne saurait être à sens unique. Les remous ne font probablement que commencer, d’autant que les fonds de campagne de Nétanyahou sont également cités ; il n’est pas exclu que l’onde de choc se propage jusqu’aux États-Unis, dont le Trésor pourrait ne pas apprécier de possibles blanchîments ainsi mis en lumière.

L’article de Uri Blau et Nir Hasson

L’association de droite ElâD a obtenu en huit ans des contributions dont le total se monte à plus de 450 millions de shekels / environ 9 millions d’euros [1]. Une enquête du Ha’Aretz montre que la plus grande partie de ces dons, 275 millions de shekels / € 55 millions, provient de sociétés domiciliées de par le monde dans des paradis fiscaux comme les Bahamas, les îles Vierges et les Seychelles – sans que l’on sache vraiment qui les contrôle dans l’ombre.

ElâD, qui opère à Jérusalem-Est, se focalise sur deux objectifs prioritaires : installer des Juifs dans le village arabe de Silwan [2] et gérer les sites touristiques et lieux de fouilles, dont le principal est îr-David / la cité de David [3], qu’elle administre pour la Direction des parcs et de la nature en Israël. Elle gère également des sites touristiques sur le mont des Oliviers, dans les quartiers d’Abu Tor [4] et d’Armon haNatsiv [5], ainsi que de nombreux appartements et parcelles dans les alentours du mont des Oliviers et de Silwan. Ces deux dernières années, ElâD est parvenue à faire croître de façon significative la population juive à Silwan.

Parallèlement, certaines de ces sociétés offrent leurs contributions à d’autres entités de droite tel le Conseil des colonies de Judée-Samarie [6], ou au Premier ministre Benyamin Nétanyahou. L’une d’elles au moins est liée au multimilliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire du Chelsea football club.

Parmi les instances ayant contribué à ElâD, on dénombre le Keren HaYessod [Fond de collecte pour Israël], l’Agence juive et la section des Amis des Forces de défense d’Israël [Tsahal] dans le grand Miami. Autre donateur de poids outre-Atlantique, les Friends of îr-David, association déclarée sans but lucratif dans l’État de New-York et ouvrant de ce fait à ses donateurs américains droit à des déductions d’impôts ; ces derniers ont contribué à ElâD à hauteur de 122 millions de shekels / € 24,4 millions en huit ans.

Mais le gros de l’argent provient d’une brochette de sociétés étrangères domiciliées dans des paradis fiscaux, ce qui rend difficile l’identification de leurs propriétaires ou la nature de leurs affaires. ElâD n’en a pas moins obtenu des services du Registre des associations à but non-lucratif le renouvellement pour 2016 de l’indispensable certificat de bonne gestion – sans que ceux-ci aient exigé de liste nominale de leurs donateurs ; l’association n’a pas plus répondu à une demande du Ha’Aretz de fournir des informations sur ses contributeurs.

La source des donations faites à ElâD a longtemps été considérée comme un secret bien gardé. En dépit des réquisitions légales, cette association à but non-lucratif constamment bénéficiaire d’un certificat de bonne gestion n’a, des années durant, jamais fourni aux services du Registre des associations à but non-lucratif la liste des donateurs lui versant annuellement plus de 20 000 shekels / € 4 000 [7] ; après leur avoir déclaré que toute précision sur les donateurs pourrait leur nuire à eux ou à l’association, ElâD a obtenu de leur part en 2008 l’autorisation de ne pas livrer les noms de ses contributeurs. Mais les services du Registre ont par la suite émis des requêtes et, ces derniers mois, ElâD a révélé la liste de l’ensemble de ses donateurs ayant contribué à hauteur de plus de 20 000 shekels par an entre 2006 et 2013.

Le total est de plus de 450 millions de shekels, soit une moyenne par année de 56 millions / € 11,2 millions. Ces chiffres sont massifs au regard des normes du monde associatif israélien. Il n’est donc guère surprenant qu’ElâD soit l’une des plus riches associations à but non-lucratif du pays. Selon son rapport financier de 2014, ses avoirs se montaient cette année-là à 286 millions de shekels / € 57,2 millions, avec des revenus de 59 millions de shekels / € 11,8 millions. ElâD et les sociétés qui lui sont liées ont employé 97 personnes à plein temps en 2014, cependant que le salaire de son président, David Be’eri, s’élevait à 366 000 shekels / € 73 200.

ElâD jouit également d’autres rentrées, dont des subsides gouvernementaux : 1.4 million de shekels / € 280 000 lui ont été alloués en 2014 sur le budget “culture de la Torah” [le canon hébraïque de la Bible] du ministère de l’Éducation, et 200 millions de shekels / € 40 millions sur celui du ministère de la Culture. ElâD commercialise en outre des services aux touristes à Jérusalem-Est.

On peut douter qu’une autre association en Israël parvienne à de tels flux de trésorerie et aux dépenses que cela autorise. À titre de comparaison, tandis qu’ElâD réunit des dizaines de millions de contributions en un an, l’Association pour les droits du citoyen a obtenu en dons privés et publics 7,4 millions de shekels / € 1,48 millions en 2014 ; l’organisation de gauche Shovrim Shtiqah / Brisons-le-Silence n’a pas dépassé les 1,5 millions de shekels / € 300 000 ; le mouvement Shalom Akhshav / La Paix Maintenant a mobilisé 2,8 millions de shekels / € 560 000 ; et le groupement [d’extrême]-droite Im Tirtsou / Si-vous-le-Voulez 1,7 million de shekels / € 340 000 [8].

Le mystère plane sur les sociétés et les fonds

Une organisation de droite à but non-lucratif faisant usage des paradis fiscaux n’a rien d’exceptionnel. D’autres, similaires à ElâD, font la même chose – souvent pour acquérir des biens palestiniens, dans la mesure où les noms des contractants sont dès lors plus faciles à dissimuler.

Des 275 millions de shekels parvenus à ElâD depuis des paradis fiscaux au cours des huit années en question, 135 / € 27 millions provenaient de la seule Farleigh International Ltd., domiciliée aux Bahamas et dont on ne sait pas clairement qui elle cache ; Dans le même temps, la holding Leiston a donné 77 millions de shekels / € 15,4 millions – une société ainsi dénommée figure à la fois sur les registres des îles Vierges et en Australie, et est apparue ces dernières années comme détentrice de droits sur les contrats de divers footballeurs.

Autre contributeur, la fondation Orion, domiciliée à l’île de Man, en Grande-Bretagne, qui a donné à ElâD 525 000 shekels / € 105 000 pour la seule année 2013 ; cette fondation subventionne aussi le centre Orion pour l’étude des rouleaux de la mer Morte à l’université hébraïque de Jérusalem, et a contribué à NGO Monitor, qui traque le financement des organisations de défense des droits humains.

Gros donateur encore, la fondation Adar, connue pour subventionner des groupes de droite et des projets dans les colonies ; elle a financé ElâD à hauteur de 13 millions de shekels / € 2,6 millions ces trois dernières années.

Ovington Worldwide Ltd., domiciliée aux îles Vierges britanniques, a fait don à ElâD de 55 millions de shekels / € 11 millions au cours de cette période. Son nom à fait surface en 2008, en relation avec Abramovitch : selon l’agence de presse russe Interfax, la société servait d’écran au magnat dans une affaire d’achat de mines en Sibérie orientale.

Abramovitch était déjà apparu au grand jour comme l’un des piliers des activités d’ElâD : en 2006, il avait pris part à la cérémonie d’inauguration d’un nouveau parc à la cité de David. Mais là n’est pas le seul lien de Chelsea avec ElâD ; la liste des donateurs montre qu’en 2013, Eugène Tenenbaum, directeur du club et gérant de la compagnie d’investissements d’Abramovitch, avait versé environ 35 000 shekels / € 7 000.

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De la part des Amis de Tsahal, avec amour

Au nombre des contributeurs d’ElâD on compte aussi des membres de la famille Falic de Miami, connus pour avoir fait passer des fonds au Premier ministre Benyamin Nétanyahou. Des contributions, d’un montant supérieur à 935 000 shekels / € 187 000 sont parvenues à ElâD par le biais du “Fonds Segal pour Israël”, dont les trois frères Simon, Jérôme et Léon Falic constituent le comité directeur. La fondation a été créée en 2007 pour « ériger, développer et administrer des initiatives éducatives et culturelles afin de promouvoir l’héritage ancien d’Israël et l’histoire du peuplement juif de Jérusalem et du pays ». Toutes les ressources alimentant ses activités proviennent de la famille et des sociétés qu’elle détient à Panama. À la veille des primaires au Likoud, les trois frères et leur mère, Nili Farlic, présidente des Amis de Tsahal, ont donné près de 300 000 shekels / € 60 000 à divers candidats, dont 180 000 shekels / € 36 000 à Nétanyahou. Le reste est allé à des ministres et députés du parti, parmi lesquels Mosheh Ya’âlon, Guilâd Erdan, Miri Reguev, Yariv Levin, Yuli Edelstein et Ze’ev Elkin [9]. Ces dernières années, la famille a également donné 1,76 million de dollars à des politiciens US, principalement républicains, et à des groupes défendant des causes politiques aux États-Unis.

En ce qui concerne ElâD, l’afflux de dons ne s’arrête pas à Miami. La Fondation Bath Sarah, une association israélienne qui s’appuie sur le milliardaire juif américain Ira Rennert, bien connu pour subventionner des implantations en Cisjordanie ; résident new-yorkais et propriétaire du fond d’investissement Renco [10], il a donné 2,3 millions de shekels / € 460 000 à ElâD en huit ans. On trouve également sur la liste l’EJDF, ou European Jewish Development Fund [11], lequel a donné plus de 3 millions de shekels / € 600 000.

Instance bien connue figurant sur la liste des contributeurs à ElâD, le Keren haYessod [12] lui a versé près de 3.5 millions de shekels entre 2011 et 2013 ; mais bien que ce fonds ait fait ces dernières années des dons à des parcs nationaux et des sites historiques en Israël, sa page internet ne mentionne aucune contribution à ír-David. Le Keren haYessod n’a pas réagi aux questions du Ha’Aretz sur ce point.

Autre organisme dont le nom ressort dans cette liste, les Amis des Forces de Défense d’Israël à Miami, qui ont transféré à ElâD 1,3 million de shekels / € 260 000. Les sections d’Amis de Tsahal à l’étranger alimentent pour la plupart l’association au profit des soldats, et chaque contribution doit dans tous les cas faire l’objet d’un agrément de l’armée. L’organisation des Amis des Forces de Défense d’Israël aux États-Unis et au Panama a fait savoir en réaction qu’elle « contribue aux activités de soutien aux soldats de Tsahal. Les sommes versées à l’association ElâD l’ont été au bénéfice des programmes éducatifs dispensés par l’armée à la cité de David ».

L’homme d’affaires Noâm Lanir a lui aussi contribué à ElâD, à laquelle il a donné 72 000 shekels / € 14 400 en 2006. Une somme proche, à savoir quelque 70 000 shekels / € 14 000, a été versée à l’association en 2013 par l’instance israélienne de restitution des biens volés durant la Shoah, HaShava, qui a déclaré au Ha’Aretz : « À la demande de l’héritière – reconnue comme légitime par ses services – d’une victime de la Shoah, HaShava a transféré sur les comptes d’ElâD les fonds lui revenant à titre de restitution [de biens] d’une victime de la Shoah. Le versement a été effectué conformément à la requête de ladite héritière, formulée sur la base de son opinion personnelle. Cela ne constitue en aucun cas une donation de la part de HaShava. »

Ha’Aretz a demandé à ElâD de fournir des précisions supplémentaires quant à ses donateurs, y compris leur nom [ou intitulé] complet, leur adresse, et la personne à contacter. La porte-parole d’un ElâD, Rêuth Wilf, a affirmé [en réponse] : « ElâD opère dans la plus parfaite transparence à l’égard du Registre des associations à but non-lucratif et lui a procuré toutes les données requises par la loi, les règles [de fonctionnement] et les modes de gestion corrects. »

Les services du Registre des associations à but non-lucratif ont assuré examiner chaque année les documents versés par quelque 15 000 groupes à but non-lucratif. « Compte-tenu de cette activité soutenue, ces examens sont généraux et s’appuient sur les formulaires que la loi impose aux associations de remplir », ont-ils dit, ajoutant que des investigations plus approfondies sont effectuée de façon aléatoire ou en cas de plainte. « Le Registre des associations à but non-lucratif mène autour de 250 enquêtes approfondies chaque année et examine environ un millier de plaintes. En fonction de la nature des résultats trouvés, les services du Registre envisagent des mesures. »

Cette enquête a bénéficié d’un don du Centre Pulitzer [d’aide] au reportage [en situation] de crise. http://pulitzercenter.org/.

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NOTES

[1] Outre qu’elle a le mérite de la simplicité, la division par 5 pour passer du shekel à l’euro constitue une moyenne proche de la réalité pour les huit années (2006 à 2014) ici prises en compte.

[2] Sur Silwan et la colonisation juive par ElâD de Jérusalem-Est comme sur la lutte solidaire des Palestiniens par les mouvements “colombe” israéliens tel Shalom Akhshav, voir sur notre site de 2006 à aujourd’hui les nombreux articles traduits. Parmi lesquels : http://www.lapaixmaintenant.org/Un-... ; http://www.lapaixmaintenant.org/Qu-... ; http://www.lapaixmaintenant.org/Jer......

[3] Îr David / la cité de David serait à en croire la Bible la cité jébuséenne conquise par le futur roi, et l’origine de la vieille ville de Jérusalem, dont il fit sa capitale. Située au sud du mont du Temple, elle borde à l’est la vallée du Cédron (la “géhenne" où l’on précipitait un bouc dit émissaire) qui la sépare de quartier arabe de Silwan auquel elle est souvent assimilée. Les luttes vont bon train autour du site, où les tunnels creusés afin de rejoindre la Vieille Ville en circulant dans les couches proclamées davidiennes par une partie de l’archéologie israélienne sont accusés par les Palestiniens de détruire les couches supérieures – jetant ainsi aux poubelles de l’histoire les témoignages ultérieurs de présence, de Soliman le Magnifique aux temps modernes.

[4] Abu Tor : quartier à population mixte juive et arabe situé de part et d’autre de la route de Hébron qui serpente au sud de Jérusalem le long de la vallée du Cédron, face aux murailles de la Vieille Ville. Judaïsés à l’ouest et au-dessus de la route à partir de 49, ils le sont peu à peu depuis la guerre des Six Jours à l’est et en contrebas de celle-ci, avec l’aide actuelle d’ElâD.

[5] Armon haNatsiv : Entre le quartier de Baka à l’ouest, où abondent de luxueuses maisons arabes, et le village palestinien de Jabel Moukaber quasi contigu à l’est, tombés dans l’escarcelle israélienne pour le premier lors de la guerre d’Indépendance et pour le second en 1967, ce qui est aujourd’hui une promenade bétonnée aux nombreux réverbères surplombe la ville, dont elle offre depuis sa pointe sud une vue spectaculaire. Ce qui ne fut sans doute pas étranger au choix des Britanniques d’y installer en 1933 son Haut-Commissariat en Palestine mandataire. On pourra lire avec bonheur aux éd. Babelios le roman d’Amos Oz, La Colline du Mauvais-Conseil, situé en ces lieux en 1947. Le changement du rapport démographique au profit des Israéliens juifs va là son chemin dans ce qui constitue le quartier de Talpioth-Est – où les promoteurs s’affairent, attirant grâce à des prix moins élevés qu’ailleurs dans la capitale de jeunes couples des classes moyennes.

[6] Conseil des colonies de Judée-Samarie ou Yesha (contraction de Yehudah et Shomron, les noms hébraïques de ces deux régions tels qu’ils figurent dans le canon judaïque de la Bible), et utilisés à droite pour nommer la Cisjordanie occupée. Le nom ainsi donné à ces territoires est pour le moins révélateur, alors qu’existe une dénomination géographique couramment usitée en Israël (mais pas par les mêmes locuteurs) : “HaGaddah haMaâravith / la Rive occidentale [du Jourdain]" qui gagnerait à être plus clairement traduite en français comme elle l’est en anglais (“West Bank”). Le terme de “Cisjordanie”, si topographique qu’il soit en fait, entretient la confusion en évoquant involontairement la domination hachémite sur ces territoires de la guerre d’Indépendance à celle de 67 où, en matière de domination, Israël prit le relais. Bref, quand la langue fourche, c’est rarement au hasard.

[7] La législation fait obligation aux associations de déclarer les donateurs ayant contribué à hauteur de plus de 20 000 shekels [€ 4 000] par an, a fortiori quand les fonds viennent de l’étranger.

[8] Shovrim Shtiqah / Brisons-le-Silence : nous vous renvoyons concernant cette association et les attaques haineuses dont elle l’est l’objet à l’éditorial d’Ilan Rozenkier pour la Lettre d’information de LPM du 21 décembre dernier, “2015... Annus horribilis ?”, consultable sur notre site : http://www.lapaixmaintenant.org/201... ; à noter en particulier la campagne de Im Tirtsou / Si-vous-le-Voulez, qui en fait un groupe de terroristes.

[9] Mosheh Ya’âlon ancien chef d’état-major et actuel ministre de la Défense qui, « entre l’Iran et Daesh choisirait Daesh, parce que plus dangereux » (comprenne qui pourra, voir Libération du 20 janvier 2016) ; Guilâd Erdan a occupé de nombreuses fonctions ministérielles, dont l’actuelle à la Sécurité publique ; Miri Reguev, porte-parole de Tsahal en 2009 et ministre de la Culture et des Sports depuis mai 2015, multiplie les déclarations fracassantes contre les immigrés ou la Cour suprême et fait ainsi régulièrement le buzz : « Trump en talons aiguilles », titrait Ha’Aretz en décembre dernier ; Yariv Levin, quadra à calotte, avocat et député, est l’actuel ministre du Tourisme ; Yuli Edelstein, né en Ukraine alors soviétique, est le président de la Knesseth depuis mars 2013 ; Ze’ev Elkin, originaire de Kharkov, est le ministre de l’Immigration et de l’Intégration de la nouvelle coalition. Tous sont membres du Likoud.

[10] Renco, groupe d’investissement multinational, objet de plusieurs plaintes – dont une procédure, ainsi que Ira Rennert, pour faillite frauduleuse ; et des accusations, au travers des activités au Pérou de sa filiale minière et métallurgique Doe Run, de pollution massive au plomb et autres métaux accompagnée d’énormes taux de saturnisme parmi les enfants. Pour en savoir plus : http://www.wsj.com/articles/judge-u... ; https://www.fidh.org/IMG/pdf/final-....

[11] L’European Jewish Development Fund a été créé à Bruxelles en 2002 pour venir en aide aux communautés isolées et assurer le financement de « projets promouvant la fierté d’être juif/juive, assurant la pérennité de la tradition [judaïque], aidant les démunis et parlant d’une seule voix pour lutter contre l’antisémitisme, plaider pour Israël et .défendre les valeurs morales et les idéaux [du judaïsme] ». Le lobbying pro-Israël auprès du Parlement européen figure clairement dans sa plate-forme.

[12] Le Keren HaYessod, chargé depuis 1922 de collecter des fonds pour l’Agence juive, puis pour l’État d’Israël après l’Indépendance. .