Pour sortir de la crise sans tuer personne

IPCRI (Israel/Palestine Center for Research and Information)
mis en ligne le 13 juillet 2006
par ’Hanna Siniora, Gershon Baskin, Khaled Duzdar , Yossi Ben Ari

une initiative de l’IPCRI ((Israel/Palesine Center for Research and Information) pour sortir de la crise

L’issue la plus souhaitable à la crise actuelle serait un retour des soldats israéliens enlevés du Liban et de Gaza, la libération de prisonniers détenus en Israël, la fin des attaques au-delà des frontières, y compris des tirs de roquettes dans les deux directions à la frontière entre Gaza et Israël et à la frontière israélo-libanaise, le renforcement des modérés et l’affaiblissement des extrémistes.

La stratégie adoptée actuellement pour mettre fin à cette crise utilise une violence extrême sur la durée et une escalade dans les menaces contre les civils. Il se peut que cette méthode se termine par la libération des soldats enlevés et de prisonniers détenus en Israël. Ou pas. Il se peut qu’elle mette fin aux attaques au-delà des frontières. Ou pas. Le plus probable est qu’elle renforcera les extrémistes et affaiblira les modérés, et qu’elle causera des dommages et des souffrances considérables.

Quand on est gouverné par la colère, il est difficile de réfléchir rationnellement. Pourtant, il est possible d’avancer une proposition plus rationnelle qui pourrait avoir de meilleures chances d’atteindre les buts recherchés que nous décrivions plus haut. Notre proposition est la suivante :

Le premier ministre Olmert rencontre immédiatement et publiquement le président palestinien Abbas et lui fait part des quatre points suivants :

1. Une fois le caporal Gilad Shalit relâché, Israël libérera immédiatement toutes les femmes et tous le mineurs détenus en Israël (sans sang sur les mains).

2. Israë déclarera un cessez-le-feu, y compris la fin des bombardements sur Gaza, de tous les assassinats ciblés et de la campagne d’arrestations en Cisjordanie. Si, de leur côté, les Palestiniens respectent le cessez-le-feu, valable pour toutes les factions, après un mois de cessez-le-feu effectif, Israël libérera tous les prisonniers détenus depuis avant 1993. Si le cessez-le-feu est respecté pendant un mois supplémentaire, Israël libérera plusieurs centaines d’autres prisonniers, etc.

3. Olmert dira également à Abbas que si les deux soldats enlevés par le Hezbollah sont relâchés, Israël libérera tous les prisonniers libanais détenus en Israël.

Ce plan n’implique ni négociations ni médiateurs. Israël peut prendre l’initiative, renforcer Mahmoud Abbas, affaiblir Nasrallah et Mesh’al, ramener les soldats à la maison et obtenir un cessez-le-feu. Moins coûteux que n’importe quelle action militaire, personne n’est tué, et cela offre une chance de sortir de cette crise plus rapidement que par n’importe quel autre moyen.