Olmert, une fable.

Thème : Politique intérieure israélienne

Ha’aretz , mis en ligne le 20 novembre 2004
par Akiva Eldar

Il y a 26 ans, un jeune membre de la Knesset prenait la tribune pour s’attaquer au Parti travailliste et à La Paix Maintenant. L’évolution d’Ehoud Olmert traduit celle de son parti, le Likoud

Ha’aretz, le 26 octobre 2004

trad : Tal Aronzon pour La Paix Maintenant

Fin septembre, il y a 26 ans, un jeune membre de la Knesset prenait la tribune pour s’attaquer au Parti travailliste et à La Paix Maintenant : leurs exigences de concessions extrêmes ont donné un fondement à l’acceptation des conditions égyptiennes en matière d’évacuation des implantations ». Le parlementaire, dans un exercice impressionnant d’acrobatie verbale, détournait la responsabilité du retrait, qui s’adressait au Premier Ministre Mena’hem Begin, pour la reporter avec force sur le chef de l’opposition, Shimon Peres, et sur le nouveau mouvement de la paix. Selon lui, c’était eux qui avaient créé les fondements de l’acceptation des conditions égyptiennes au sujet des implantations du Sinai. Il mettait en garde sur ce que cela pourrait constituer « le modèle de futures négociations sur le Golan et la Judée-Samarie ». Le nom de ce parlementaire était Ehud Olmert.

Hier, le vice-Premier Ministre Ehud Olmert a soutenu la manifestation pro-désengagement devant la Knesset. Aux cotés du Parti travailliste et de La Paix Maintenant. L’allié des colons de la bande du Sinai est devenu l’opposant des colons de la bande de Gaza. Celui qui mettait en garde à propos du modèle pour l’évacuation du Golan et de la Cisjordanie est en première ligne dans la bataille pour l’évacuation des implantations de Gaza et de Cisjordanie.

Olmert est le dernier des membres de la Knesset à avoir voté contre le traité de paix avec l’Egypte (9 abstentions) qui soit toujours engagé dans la vie politique.

L’histoire d’Olmert, l’opposant au retrait du Sinai et le maire de Jérusalem qui a allumé l’incendie dans le Tunnel Asmoneen, est celle du Likoud. Sharon a toujours été considéré comme un « mapainik » (ndt : sympathisant du parti travailliste du temps de la fondation d’Israel), peut-être un pragmatique, ou un cynique. En tant que ministre de la Défense, il a donné à Begin son accord et ses buldozers pour évacuer Yamit (ndt : principale implantation du Sinai). En tant que ministre des Affaires étrangères, il a accompagné Benjamin Netanyahou pour rencontrer Yasser Arafat et a donné sa bénédiction aux accords de Wye. Olmert, par contre, a toujours été considéré comme le beau parleur de la famille des guerriers. Il a toujours été apprécié par le conseil des implantations de Judée-Samarie, et détesté par la gauche.

Le Likoud d’octobre 2004 a fait un pas important de plus de l’idéologie vers la réalité. Begin avait fait le premier pas en promettant de coloniser le Sinai et en le rendant aux Egyptiens. Shamir en a fait un autre, involontairement, sous la pression massive des Etats-Unis, en participant à la Conférence de Madrid en présence de représentants de l’OLP. Netanyahou est allé plus loin, en serrant la main d’Arafat, en l’appelant : « mon partenaire et ami » et en lui transférant des parties de Hébron. De même, ce soir, après les votes de la Knesset en faveur du désengagement, nous ne saurons toujours pas si la décision conduira à l’évacuation des implantations ou a de nouvelles élections. Dans un cas comme dans l’autre, un Likoud, avec les travaillistes et la Paix Maintenant, qui a décidé de préferer la paix aux territoires dans la Sinai et de quitter Gaza, n’est plus le même parti qui prit le pouvoir il y a 27 ans. Le Likoud va déterminer aujourd’hui qu’il est d’accord pour évacuer des implantations sur la Terre d’Israël et de renvoyer des Juifs à la maison même sans avoir la paix.

 

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