Nouveau report de l’évacuation de Migron

Thème : Colonisation, yesha

Shalom Akhshav - “La Paix Maintenant”
mis en ligne le 3 août 2012
par Ilan Rozenkier

(d’après un rapport de Shalom Akhshav)

La décision dont il est rendu compte ci-après illustre bien la situation qui s’enracine un peu plus chaque jour. La "ligne verte" devient une frontière entre deux États : l’État d’Israël et celui « des colons », comme l’écrit Ha’aretz dans son éditorial du 2 août 2012. L’un connaît les restrictions et la loi y est respectée, l’autre ignore la crise et quant à la loi...

Le gouvernement est sur le point d’autoriser pour la première fois l’octroi de subventions pour la construction d’hôtels et d’attractions touristiques à Maale Adoumin et au Goush Etzion. Les avantages donnés aux uns le sont sur le dos des autres !

Le 27 juillet 2012, la Cour suprême, une fois de plus, a décidé de surseoir à l’évacuation de Migron à la demande du gouvernement et ce, en dépit d’une décision antérieure, censée être finale, selon laquelle l’implantation de Migron devait être évacuée avant le 1er août 2012.

Le gouvernement reconnaît que l’évacuation nécessiterait l’usage de la force et craint une réaction violente des colons. Ils pourraient par exemple incendier des mosquées, ce qui ne serait pas sans conséquences en plein Ramadan.

Yariv Oppenheimer, responsable de Shalom Arshav, a déclaré « que le Haut Commandement avoue sa peur des criminels auteurs de représailles à l’encontre des Palestiniens, et que cette décision discrédite le Procureur de l’État et la capacité de l’armée à faire face à ceux qui sont dans l’illégalité et refusent d’appliquer la loi. »

Par ailleurs, le 21 août, la Cour suprême tiendra une nouvelle session sur la revendication des colons de Migron selon laquelle ils auraient acquis des parcelles de terrain à l’intérieur de l’implantation [1]. Michaël Sfard, l’avocat qui représente Shalom Akhshav dans sa saisine, a indiqué qu’il s’agit là de l’une des tentatives les plus sérieuses visant à empêcher l’application de la loi. « Les colons de Migron reconnaissent ainsi, de facto, qu’ils ont vécu onze années durant sur des terres privées palestiniennes en toute illégalité. »

Alors que la situation économique en Israël est difficile, et que le gouvernement de Netanyahu vient de prendre une série de décisions appelées à peser lourdement sur les plus démunis et les couches moyennes, un complément de 7,59 millions de shkalim vient d’être accordé au budget initial dévolu à la construction d’un lieu alternatif pour réinstaller les colons de Migron.


NOTES

[1] Voir, pour de plus amples précisions :

http://settlementwatcheastjerusalem...