Mitzna promet un retrait immediat de Gaza
Thème : Une autre politique est possible
Ha’aretz , mis en ligne le 19 novembre 2002par
Le maire de Haifa Amram Mitzna promet que s’il forme le prochain gouvernement, quel que soit le nombre de deputes qui seront membres de sa coalition, et meme s’il doit s’appuyer sur ce qu’on a coutume d’appeler une "majorite non juive", l’une des premieres decisions du nouveau gouvernement sera un retrait d’Israel de Gaza. Pour Mitzna, nul besoin d’attendre des negociations pour evacuer toutes les colonies. Ni d’obtenir l’accord de Yasser Arafat, de Hosni Moubarak, ni meme celui de George W. Bush.
A moins de 24 heures des primaires travaillistes, le candidat en tete des sondages a presente une version detaillee de son plan d’action :
1. Une evacuation totale de Gaaz, sans attendre
2. Un appel immediat a la direction palestinienne pour reprendre les negociations de paix, sur la base des progres obtenus lors des precedentes etapes des negociations, dans l’esprit de l’accord Nusseibeh-Ayalon et des principes du plan propose par Benjamin Ben-Eliezer
3. Si aucun accord n’intervient avec les Palestiniens, au bout d’une annee, des frontieres de securite seront etablies en Cisjordanie. Il n’y aura plus aucune colonie juive a l’est de cette frontiere, et les gros blocs de colonies se trouveront a l’ouest de la frontiere
4. Il y aura des accords concernant Jerusalem, pour s’assurer qu’une majorite de la population palestinienne ne soit pas sous controle israelien.
Mitzna dit ne pas avoir peur que les colons s’opposent par la violence aux evacuations. "Ce sont des gens serieux, avec des valeurs, et je suis convaincu qu’ils accepteront la decision de n’importe quel gouvernement legalement elu", dit-il. Il prefere que des frontieres soient negociees avec une direction palestinienne prete au compromis, mais il se depeche d’ajouter : "s’il apparait qu’ils ne sont pas prets au compromis, comme ceux qui sont responsables de la securite d’Israel, nous determinerons la frontiere de securite. La frontiere politique attendra qu’il y ait quelqu’un avec qui parler."
Mitzna reconnait qu’une fois la cloture de separation construite, il ne sera pas facile de la deplacer. C’est l’une des raisons pour lesquelles il attache une si grande importance a la reprise du processus diplomatique. Une autre raison, dit-il est que "nous avons besoin des Egyptiens, des Jordaniens, des Americains et des Europeens comme partenaires, et devons leur donner une chance de relancer le processus de paix."
Il espere que les Palestiniens, une fois qu’ils negocieront, comprendront que la cloture n’attendra pas, et que le temps ne joue pas en leur faveur. Israel, dit-il, ne peut pas se permettre d’attendre. "Sans separation d’avec les Palestiniens, il n’y a aucun moyen d’aborder les problemes economiques et sociaux", dit le general de reserve. "Sans resolution de l’interieur, les avions de combat et les sous-marins ne nous seront d’aucune aide". Il dit avoir percu, au cours des nombreux voyages de campagne qu’il a effectues pour rencontrer les sans emploi, que ceux-ci comprennent le lien entre leur situation personnelle et la situation de la nation.
Hier, un jour avant le vote du Parti travailliste, Mitzna se comportait comme quelqu’un qui a la victoire dans la poche, mais au dernier moment, Ben-Eliezer pourrait lui voler la direction du parti. Les sondages, neanmoins, calment plutot Mitzna, comme le font les militants sur le terrain.
L’idee que les gens de Fouad (Ben-Eliezer) vont se ruer sur les urnes, tandis que les siens resteraient en retrait, l’amuserait presque. Les milliers de nouveaux membres du Parti travailliste qu’il a amenes au parti se sont inscrits pour assurer son election comme president du parti, et peut-etre comme Premier ministre.



