Les produits made in Israel sont difficiles à vendre


Haaretz, 11 avril 2002


Les importateurs de produits israéliens, particulierement en Egypte et en Afrique du Nord, ont demandé à ce que les produits soient vendus sans étiquette indiquant leur origine.

Un industriel israélien a reçu récemment la même demande d’un importateur
indien.

Bien que ces demandes soient encore rares, les industriels estiment qu’elles
marquent une tendance qui est susceptible de se renforcer, à cause de l’escalade des violences dans le conflit israélo-palestinien.

Rachel Ro’i, haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie et du Commerce,
a dit que deux importantes sociétés israéliennes avaient fait appel à un
attaché commercial en Inde, pour les aider vis-à-vis des commerçants locaux
à ce sujet.

L’une de ces sociétés, un fabricant d’equipements de communication, a dit qu’il
lui avait été demandé d’ôter tout signe indiquant que ses produits étaient fabriqués en Israël. La deuxième société a dit à l’attaché qu’elle avait été
défavorisée pour des raisons politiques lors d’un appel d’offres du gouvernement indien.

Le Président de la Fédération Israélienne des Chambres de Commerce, Dan
Gillerman, a dit que les importateurs comme les exportateurs avaient du mal
à vendre des produits made in Israel en Europe. Selon lui, compte tenu de la
menace d’embargo qui pèse sur les livraisons d’armes vers Israël, l’Italie a
arreté de livrer des fusils utilisés par la police sur ses robots. L’Espagne a stoppé une livraison de feux d’artifice qui devaient etre utilisés lors du Jour de l’Independance, à cause de leur utilisation potentielle à des fins militaires, a dit Gillerman.

Le Syndicat des Industriels a déclaré qu’il avait reçu 10 plaintes d’exportateurs, ayant du mal à écouler des produits israéliens en Scandinavie. Tous ont rapporté qu’ils avaient reçu des lettres de leurs clients disant que, vu le sentiment anti-israélien croissant de l’opinion publique, il devenait de plus en plus difficile de vendre des produits israéliens. Les exportateurs craignent que le marché scandinave ne s’assèche complètement.

Le département commerce international du ministère de l’Industrie et du
Commerce a réuni une équipe chargée de rester en contact avec les attachés
commerciaux à l’etranger, et de les conseiller.