Le kibboutz Eshbal et la pédagogie de la paix


Le Kibboutz urbain Eshbal a été fondé en 1988 par une quarantaine de membres issus de mouvements de jeunesse. Son objectif était de renouveler le modèle socialiste du Kibboutz et de lui rendre la composante d’engagement dans l’action éducative au sein de son environnement. Il se trouve en Galilée occidentale, près de la ville arabe de Sakhnin, à quelques kilomètres au sud de la ville de Carmiel. Il se singularise par le fait qu’il ne s’appuie pas sur des moyens de production industriels ou agricoles, mais sur l’exercice d’activités d’enseignement, de formation ou d’assistance sociale, au sein des agglomérations voisines [[Le Groupe Education à la Paix lors du seminaire « Pour une éducation à la Paix » qui s’est tenu à Paris en avril 2005 a invité Keren Barnes, membre de ce kibbutz et enseignante au lycée Mishlav, situé à Haifa, qui prend en charge des jeunes rejetés par le milieu scolaire classique. Le lycée Mishlav, le lycée Hope Flowers- Al amal de El khadder, Palestine et le Lycée Victor Duruy, se sont accordés dans le cadre des Partenariats de lycées pour la paix à la réalisation d’un projet éducatif commun: la rédaction par les eleves d’un « le lexique des mots de la paix ».]].

Parmi les initiatives de ce groupe en faveur d’une pédagogie de la paix on signalera :

• La création du « Foyer social de la jeunesse en Galilée » destiné à des élèves des écoles primaires de la région. Dans la mesure où la Galilée est riche et diverse en populations (juifs, chrétiens, musulmans, arabes, druzes) et partant du constat que le manque d’échanges et des lieux de rencontres est une source d’ignorance et d’aliénation chez les enfants, qui conduisent à la peur et à des attitudes de rejet de l’autre, le « Foyer » est destiné à favoriser ces rencontres qui se tiennent une fois par semaine à Eshbal même, et au cours desquelles se déroulent diverses activités collectives : jeux, excursions, discussions. Les enfants sont encadrés par des élèves de seconde à la terminale, qui se forment ainsi à leur tour à assumer des responsabilités dans leurs communautés respectives et à promouvoir la coexistence entre juifs et arabes. Ces programme regroupe régulièrement plus d’une centaine de jeunes de Galilée.

• Des actions concernant exclusivement les villages arabes et visant à remédier au décalage subi par ceux-ci comme conséquence des changements sociaux et économiques rapides au sein de la société israélienne; ces changements ayant entraîné en effet dans ce secteur de la population un taux de chômage élevé, parallèlement à l’affaiblissement des structures familiales et à l’effondrement de l’autorité parentale, sources à leur tour de l’aliénation des jeunes, de comportements asociaux et accompagnée de criminalité et de l’usage de drogue. L’enracinement du conflit à Gaza et en Cisjordanie et les tensions qui s’en sont suivies (on se souvient des terribles évènements de l’automne 2000 où 12 citoyens israéliens arabes ont été tués au cours de manifestations par la police) ont accentué les sentiments d’isolation et de frustration [[Une commission d’enquête, présidée par le juge OR, de la Cour suprême israelienne, a conclu à une série de mesures sociales économiques et politiques urgentes.]]. Ceci a conduit Eshbal à entreprendre un programme orienté vers la jeunesse arabe de Galilée, qui consiste, dans neuf villages, à organiser des groupes de discussion, à mener des débats (en hébreu) sur les sujets d’actualité: démocratie, paix, droits de l’homme, tolérance, culture, égalité, etc. L’objectif de ce programme étant de permettre l’apparition de responsables, prêts à s’engager dans leurs propres communautés pour assumer des fonctions d’éducation; cette initiative qui favorise des rencontres de jeunes israéliens arabes et juifs et des visites communes des sites importants du pays tend à restaurer des relations de confiance et à briser des stéréotypes [[Parmi les activités à l’intérieur de la population juive on signalera la création d’une structure d’accueil dans les familles pour jeunes en difficulté dans le système classique ; celle-ci compte une vingtaine d’élèves, pour la plupart issus de l’immigration éthiopienne ayant connu des difficultés d’intégration en Israel; ces élèves combinent la vie à Eshbal avec des études dans le Lycée voisin du Kibboutz Evron.]].

Pour contacter Eshbal:

écrire en anglais à ->gilad@eshbal.org.il] ou en français au groupe éducation [ qui fera le nécessaire.