Le 15 décembre, l’extrême droite va défiler dans Umm al-Fahm

Thème : Shalom Akhshav : action et influence Arabes israéliens

Ha’aretz
mis en ligne le 1er décembre 2008

Ha’aretz, 1er décembre 2008

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Trad. : Gérard et Gil pour La Paix Maintenant

Itamar Ben-Gvir et Baroukh Marzel, militants du groupe d’extrême droite "Front national juif", organisent pour le 15 décembre une marche dans Umm al-Fahm, la ville arabe la plus peuplée d’Israël (43 000 habitants environ, tous arabes, ndt).

En octobre dernier, la Haute cour de Justice avait permis à Ben-Gvir d’organiser cette marche à la mi-novembre. Au bout du compte, le défilé ne se déroulera pas dans le centre-ville, mais traversera des quartiers adjacents. Par ailleurs, le chef de la police israélienne n’a pas encore donné son feu vert. Si elle est autorisée, la marche exigerait le déploiement d’importantes forces de police pour protéger les participants.

Les élus de la municipalité d’Umm al-Fahm ont souhaité interdire le défilé, même s’il est autorisé par la police.

Yariv Oppenheimer, secrétaire général de Shalom Akhshav, a condamné cette décision [d’autoriser la marche] et a déclaré : "La décision misérable qui consiste à autoriser cette marche raciste est un coup à la démocratie israélienne." Il a appelé les habitants arabes à ignorer le défilé et à ne pas lui répondre par la violence : "Le but de ces extrémistes, c’est la provocation et l’affrontement. Il n’y a aucune raison de faire leur jeu."

La décision prise en octobre intervenait après que Ben-Gvir avait saisi le tribunal, suite au refus par la police de permettre aux militants d’extrême droite de parader à travers la ville en agitant des drapeaux israéliens.

Au cours d’une audience en septembre, Ben-Gvir avait dit que, si le tribunal permet aux militants de gauche de manifester devant les maisons du quartier juif de Hebron, il devait permettre aux militants de droite de défiler dans Umm al-Fahm. "Dans le cas contraire, cela causerait de graves dommages à la confiance du public dans l’institution judiciaire, car le message serait alors que ceux qui est permis aux Arabes et aux gens de gauche nous est interdit", a dit Ben-Gvir au tribunal. [1]

Cette initiative de l’extrême droite se heurte à de fortes oppositions, aussi bien dans la ville que dans tout le secteur arabe. Le député Jamal Zahalka (Balad) l’a qualifiée de "légitimation du racisme". "Nous userons de notre droit à manifester et à défendre Umm al-Fahm contre ces fascistes et ces racistes", a-t-il ajouté.