Improbables alliances à Washington

Thème : Retrait de Gaza Les Juifs de la diaspora dans le débat États-Unis

Jewish Telegraph Agency
mis en ligne le 19 mars 2005
par Ron Kampeas

à Washington, conjonction improbable de forces entre La Paix Maintenant, l’ambassade d’Israël, le délégué palestinien et l’AIPAC, le puissant lobby pro-Israël

sur le site de JTA

Jewish Telegraphic Agency, 16 mars 2005

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Quiconque aurait raté le récent rapporchement entre Israël et les Palestiniens au Moyen-Orient, serait bien inspiré d’observer ce qui est en train de se passer à Washington.

L’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le lobby pro-Israël aux Etats-Unis, et les Américains pour La Paix Maintenant ( Americans for Peace Now - APN) mettent leurs forces en commun pour faire échouer une tentative de d’étrangler une proposition d’aide massive aux Palestiniens.

Et les représentants israéliens et palestiniens à Washington échangent des plaisanteries tout en étant d’accord sur la nécessité d’une générosité américaine envers les Palestiniens, comme d’une transparence et d’une auto-discipline de la part des Palestiniens.

Ces forces se sont mobilisées cette semaine pour pousser au Congrès une aide d’urgence de 200 millions de $ aux Palestiniens. Cette aide a été massivement approuvée mercredi par la Chambre des Représentants, et devrait également être approuvée par le Congrès.

Ces 200 millions de $ font partie d’une proposition consacrant 81 milliards de $ à la guerre contre le terrorisme, y compris pour l’Irak. 5 millions de $ seront provisionnés pour un audit, avant que l’aide soit effectivement déboursée.

[Un certain nombre d’amendements, dont l’amendement présenté par le républicain Weiner, destinés à bloquer tout ou partie de cette aide, ont été repoussés.]

Ne vous y trompez pas : il y a encore d’importantes différences entre les nouveaux alliés (en particulier sur les mesures de transparence afférentes à cette aide), mais un réel changement de perspective s’est produit.

"Cela symbolise les temps qui changent, et j’espère que les temps changent", a dit Daniel Ayalon, amabassadeur d’Israël aux Etats-Unis, lors de son apparition au Capitole en compagnie de Hassan Abdel Rahman, le représentant de l’OLP.

Leur présence lors d’un meeting des Americains pour La Paix Maintenant constituait une première : pour la première fois, ils partageaient le même programme.

Dans le cadre de ses efforts pour mobiliser du soutien pour le retrait de la bande de Gaza et d’une partie de la Cisjordanie, l’ambassade d’Israël recherche l’aide d’organisations colombes que, par le passé le Premier ministre Ariel Sharon s’est efforcé de marginaliser.

"Les représentants israéliens se sont toujours adressés à toutes les tendances de la communauté juive et continueront à le faire", a dit un officiel israélien. "Cela est d’autant plus vrai dans une période où Israël est confronté à des décisions difficiles".

Les Américains pour La Paix Maintenant, à l’invitation de l’ambassade, ont participé à des réunions d’information destinés à des leaders de la communauté juive sur les mérites du désengagement. APN dit qu’habituellement, ils ne sont pas invités à ce genre de réunions.

Cette dynamique nouvelle s’est mise en évidence lundi dernier, quand Ayalon a participé au forum du Capitole organisé par La Paix Maintenant, auquel participaient également les ambassadeurs palestinien, jordanien et égyptien.

"Concernant l’aide aux Palestinens, nous sommes très favorables", dit Ayalon, à la veille du débat à la Chambre des Représentants. "Je pense qu’il est très important d’aider les Palestiniens sur le plan économique".

Des officiels israéliens ont dit que le fait que les Americains pour La Paix Maintenant se définissent comme sionistes (fait sur lequel a insisté la présidente, Deborah DeLee en présentant les orateurs) a joué un rôle majeur dans la décision de l’ambassade de se joindre au groupe. Autre facteur ayant influencé sa décision : les liens amicaux tissés par les Américains pour La Paix Maintenant avec des diplomates de certains Etats arabes qu’Israël veut voir impliqués dans la transition vers l’autonomie palestinienne.

Pour sa part, Rahman a parfaitement accepté la provision prévue qui assujettit l’aide à l’Autorité palestinienne à un audit externe. Il a déclaré que le président Mahmoud Abbas accepterait un auddit "par la Banque mondiale, ou par toute institution qui nous assistera".

L’opposition à l’amendement Weiner a réuni des compagnons improbables : les Américains pour La PaixMaintenant et l’AIPAC, dont les relations sont habituellement plutôt hostiles.

(...)

"En ce moment, il y a une occasion historique de progrès entre Israël et les Palestiniens", a déclaré l’AIPAC dans un communiqué envoyé aux élus américains considérés comme opposés à l’aide [aux Palestiniens].

(...)

La seule organisation juive à soutenir l’amendement Weiner [contre l’aide] est la Zionist Organization of America, (ZOA). Son président, Morton Klein, qui dit avoir travaillé de concert avec Weiner sur son amendement, a déclaré que la diminution de la violence palestinienne était trompeuse, et a accusé Mahmoud Abbas de continuer à utiliser une rhétorique de violence. "Le président Bush fait une erreur historique en finançant un régime terroriste", a-t-il déclaré.

Un membre du Congrès, présent à la réunion de La Paix Maintenant, a dit que les jours du Congrès qui se mettait en travers de l’administration au Moyen-Orient étaient comptés.

"Je préviens les opposants au Premier ministre Sharon en Israël : ne considérez pas les élus américains comme des supplétifs", a déclaré le républicain Barney Frank.