Hamas : "nous n’entrerons pas dans un gouvernement qui nous demandera de reconnaître Israël"

Thème : Politique et société palestiniennes Après la victoire du Hamas

Ha’aretz
mis en ligne le 22 septembre 2006

Devant l’ONU, Mahmoud Abbas a prononcé un véritable discours de paix. Mais le Hamas, partenaire potentiel d’un gouvernement d’union nationale pour l’instant en suspens, ne lui rend pas la vie facile...

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Ha’aretz, 22 sepembre 2006

Trad. : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Ismail Haniyeh : "je ne dirigerai pas un gouvernement qui reconnaîtra Israël."

Le Hamas ne se joindra pas à un gouvernement d’union nationale si la reconnaissance d’Israël est une condition, a affirmé vendredi un proche du premier ministre Ismail Haniyeh. Cette déclaration contredit celle du président Mahmoud Abbas, la veille devant les Nations Unies

Jeudi, Abbas avait déclaré devant l’Assembvlée générale des Nations Unies que le gouvernement Hamas-Fatah en gestation reconnaîtrait Israël. Mais Ahmef Youssef, conseiller politique de Haniyeh, a dit que "il n’y aura pas de gouvernement d’union nationale si l’on demande au Hamas de reconnaître Israël."

Youssef a a déclaré qu’au lieu de reconnaître Israël, le Hamas était prêt à conclure une "trêve à long terme, de 5 ou 10 ans, jusqu’à ce que l’occupation se retire." A la question de savoir ce que le Hamas ferait au cas où les pourparlers en vue de former la coalition échoueraient, il n’a pas été très clair.

Youssef a également dit qu’une déclaration du Quartettte, publiée plus tôt dans la journée, ouvrait la voie à un dialogue avec un gouvernement palestinien d’union nationale, à de nouvelles relations et à la levée du boycott économique de l’Autorité palestinienne.

Le Quartette, composé des Etats-Unis, de l’Union européenne, des Nations Unies et de la Russie, avait encouragé les efforts d’Abbas de constituer un gouvernement d’union avec le Hamas. Il affirmait espérer que le programme de ce gouvernement d’union "refléterait" les trois conditions : reconnaissance d’Israël, renoncement à la violence et respect des accords de paix provisoires déjà signés. Le Quartette exhortait également Israël à verser aux Palestiniens les recettes fiscales qu’il retient.

Jusqu’à présent, le gouvernement dirigé par le Hamas a refusé d’accepter ces conditions.

"Nous considérons que l’absence d’exigence par le Quartette que le nouveau gouvernement reconnaisse Israël constitue le signe d’une volonté d’assouplir sa position vis-à-vis des Palestiniens", a dit Youssef.

Le Fatah et le Hamas avaient annoncé la semaine dernière qu’ils allaient former un gouvernement, pour alléger les sanctions internationales imposées au gouvernement du Hamas. Ces sanctions avaient pour but de faire pression pour que le Hamas assouplisse son idéologie violemment anti-israélienne.

Un accord préliminaire stipulait que le nouveau gouvernement aurait pour objectif de créer un Etat palestinien aux côtés d’Israël, ce qui aurait constitué une reconnaissance implicite d’Israël ;

Mais les négociations sont dans l’impasse, car l’Occident et Israêl veulent que le Hamas déclare clairement son intention de reconnaître Israël, renonce à la violence et accepte les accords existants entre israël et les Palestiniens.

Abbas : "Les accords antérieurs seront honorés"

Abbas a déclaré devant l’Assemblée générale de l’ONU que "tout futur gouvernement palestinien" honorerait tous les accords antérieurs auxquels sont engagés d’OLP et l’Autorité palestinienne.

Ces accords comprennent les lettres échangées entre les Palestiniens et Israël, dans lesquelles l’OLP accepte de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et de s’engager dans la voie de la négociation pour créer un Etat palestinien indépendant aux côtés del’Etat d’Israël, a-t-il précisé.

Abbas a également dit que si un gouvernement d’union menait à la reprise des pourparlers de paix, les négociations auraient lieu sous la houlette de l’’OLP, qu’il préside. De plus, les résultats seraient soumis, ou à référendum, ou au Conseil national palestinien.

"Tout futur gouvernement sera tenu d’imposer l’odre et la sécurité, à mettre fin au phénomène des milices multiples, à l’indiscipline et au chaos, et à faire régner l’état de droit", a-t-il encore dit.

Ces engagements "devraien suffire à lever le siège injuste imposé à notre peuple, qui a infligé de terribles dommages à notre société, à son niveau de vie, à sa croissance et à son développement."

Mahmoud Abbas a rappelé l’appel lancé depuis la tribune de l’Assemblé générale il y a 32 ans par le président de l’OLP, Yasser Arafat, qui brandissait à la fois un fusil et un rameau d’olivier en disant : "Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main."

Abbas : "Et me voici de nouveau à lancer le même appel : ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main, ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main."

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Former un gouvernement d’union promet de ne pas être simple. Les tensions entre le Fatah et le Hamas sont montées d’un cran ce week-end avec l’assassinat à Gaza d’un officier de renseignement loyal à Abbas par des hommes armés.

Saeb Erekat, négociateur de Mahmoud Abbas, a déclaré : "le peuple sait que nous sommes assiégés, et que nous devons être cohérents vis-à-vis de la communauté internationale. Nous avons des obligations." Erekat a ajouté que la "reconnaissance mutuelle" était l’un des premiers engagements pris dans le cadre des accords signés il y a plus de 10 ans.