En mémoire d’Ely Ben Gal aprés son décès le 10 mars 2015

par Marc Lefèvre

 

Ely Ben Gal était né à Lyon en 1935 dans une famille d’Israélites français. Sauvé de l’extermination nazie par les Justes protestants du Chambon-sur-Lignon, et après un court passage par le sionisme religieux du Bnei Akiva, il avait choisi la voie du sionisme-socialiste et s’était engagé à l’Hashomer Hatzair. Il est monté en Israël en 1958 au kibboutz Bar Am, dont il est resté membre jusqu’à sa mort à 7 heures du matin ce 10 mars 2015.

Alliant une grande connaissance des traditions juives dans leurs richesses et leurs diversités, avec un engagement socialiste éloquent, il incarnait l’exigence d’une continuation de la vision prophétique dans la construction d’une société juive israélienne ouverte, démocratique et progressiste.

Après des missions pour le compte de l’Hashomer Hatzair, puis du parti socialiste de gauche MAPAM, au Brésil et dans la France post soixante-huitarde, il a assumé en Israël des fonctions très diverses, illustratrices de ses engagements et de ses capacités.

Directeur de cabinet au ministère de la Santé pendant la guerre de Kippour, il a été l’historiographe fondateur du Musée de la Diaspora à Tel-Aviv, mais a pu également être témoin de l’horreur et de l’absurdité de la 1ère guerre du Liban, où il a servi comme officier de liaison de Tsahal.

Convaincu qu’un sionisme ardent et ouvert était le seul garant d’une continuation de l’Histoire juive, il s’était également engagé dans les actions nécessaires à l’accueil et l’intégration des Juifs d’Ethiopie.

Il a aussi enseigné l’histoire juive contemporaine dans divers centres universitaires en Israël et dans d’autres pays.

Militant du rapprochement entre les peuples, et bien que déjà affaibli, il s’était porté volontaire pour aider les populations du Rwanda sur le chemin de la réconciliation.

Sa dernière action en France aura été l’organisation d’une exposition pour commémorer le souvenir de la noble attitude des habitants du Chambon-sur-Lignon, et de leur courage pour sauver de l’extermination de nombreuses familles juives.

Il laissera à tous ceux qui l’ont connu ou croisé le souvenir d’un homme qui savait allier le sens de l’amitié à l’humour. Il était un passeur de l’Histoire et d’histoires, qui aura inspiré et guidé beaucoup d’entre nous.