Des leaders juifs américains font écho a JCall et demandent à Israël de cesser de construire dans les colonies

Thème : Les Juifs de la diaspora dans le débat

Ha’aretz
mis en ligne le 18 mai 2010
par Ha’Aretz, correspondance

Le monde à l’envers. Des Américains, malgré l’existence de J Street, s’inspirent de JCall

Ha’aretz, 16 mai 2010

sur le site de Ha’aretz

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

"For the Sake of Zion" (pour l’amour de Sion) une pétition en ligne qui soutient Israël tout en critiquant sa politique, a été signée par plusieurs dizaines de juifs américains : rabbins, juges, écrivains, universitaires et philanthropes.

Suivant en cela les pas de l’initiative européenne lancée par JCall [1], un groupe de leaders du monde juif américain ont lancé vendredi dernier une pétition sur Internet exhortant Israël à mettre fin à la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et appelant de ses vœux une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

Nommée « For the Sake of Zion", cette pétition a été signée par plusieurs dizaines de juifs américains : rabbins, juges, écrivains, universitaires et philanthropes [2].

"Encouragés par le récent Appel Européen A La Raison, signé par plus de 5.200 citoyens juifs européens, nous, juifs américains, passionnément dévoués à la sécurité et au bien-être de l’Etat d’Israël, joignons aujourd’hui notre voix à celle de nos frères européens’, dit cette pétition.

"Ils reconnaissent, comme nous, qu’Israël est menacé dans son existence, de l’intérieur comme de l’extérieur. Nous ne prenons pas cela à la légère, mais nous refusons de considérer que là est le destin inévitable d’Israël."

Les signataires, dont certains ont vécu en Israël, continuent en affirmant que le peuple juif a le droit de vivre dans un Etat souverain : "Nous pensons sans aucune réserve qu’Israël est le foyer national du peuple juif et que, en conséquence, nous nous sentons à la fois le droit et l’obligation de faire entendre notre opinion", dit encore le groupe.

Ces leaders juifs américains continuent en disant qu’ils condamnent catégoriquement le terrorisme, mais, dans le même temps, qu’ils "abhorrent la poursuite de l’occupation qui n’a duré que trop longtemps et qui ne peut ni ne doit continuer".

"Comme nos homologues européens le soulignent à juste titre, « ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État (......) Bientôt Israël sera confronté à une alternative désastreuse : soit devenir un État où les Juifs seraient minoritaires dans leur propre pays ; soit mettre en place un régime qui déshonorerait Israël et le transformerait en une arène de guerre civile." "Nous sommes d’accord", écrivent ces dirigeants juifs américains.

La pétition américaine appelle les deux parties à avancer vers une solution à deux Etats qui, disent-ils, exigera concessions et engagements de la part des deux côtés.

Le groupe soutient l’administration Obama et son "vigoureux encouragement aux deux parties à faire les concessions nécessaires pour que les négociations avancent. Dans ce contexte, nous appelons Israël à cesser immédiatement les constructions de logements dans les territoires disputés."

La pétition américaine conclut en rappelant que ce sont les citoyens israéliens et leurs voisins, qui décideront de leur avenir, c’est leur droit, "mais le nôtre est d’appeler l’attention aux décisions que prend le gouvernement israélien, qui, à notre avis, mettent en danger cet Etat que nous chérissons tant. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui partagent cet avis à signer cette déclaration."

JCall, l’initiative européenne, a été lancée début mai par des personnalités et intellectuels, tels Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Daniel Cohn-Bendit, afin de faire entendre une voix juive nouvelle, "à la fois engagée aux côtés d’Israël et critique des choix de son gouvernement actuel."

JCall a recueilli plus de 5 600 signatures en ligne.