Aux Nations Unies rencontres d’ONG autour de projets communs israélo-palestiniens

Thème : Initiatives de coopération et de coexistence

Ha’aretz
mis en ligne le 27 septembre 2005

depuis les années que dure le conflit, des Palestiniens et des Israéliens, jeunes, écologistes ou médecins, ont gardé le contact pour sauver des vies, partager les précieuses ressources en eau et démontrer qu’il est possible de surmonter la haine

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Ha’aretz, 27 septembre 2005

Depuis les années que dure le conflit, des Palestiniens et des Israéliens, jeunes, écologistes ou médecins, ont gardé le contact pour sauver des vies, partager les précieuses ressources en eau et démontrer qu’il est possible de surmonter la haine.

Lundi, lors d’un séminaire organisé sous l’égide du gouvernement américain, des ONG qui travaillent sur ces questions des deux côtés du conflit israélo-palestinien se sont réunies pour la première fois pour parler de leurs efforts en vue de promouvoir la paix au Moyen Orient, chacune à sa façon.

"Seeds of Peace" a réuni plus de 2.000 jeunes Israéliens et Arabes pour un stage d’été et pour un suivi chez eux pour tenter de former une nouvelle génération de dirigeants capables de travailler ensemble. "Good Water Neighbors" encourage des Israéliens, des Palestiniens et des Jordaniens dans 11 villes à partager l’eau et à travailler ensemble afin que tous puissent en bénéficier et que l’eau ne soit pas gaspillée. "Peace Through Health" a formé aux soins d’urgence près de 300 médecins et infirmières, israéliens, palestiniens et américains.

"Dans toutes nos activités, nous avons des gens qui sont extrêmement dévoués à l’idée de paix, que ce soit dans les professions médicales, la communauté écologiste ou chez les jeunes", dit Gideon Bromberg, le président israélien de Good Water Neighbors à la fin du séminaire. "Cette réunion nous donne l’occasion de mieux travailler en réseaux".

Le Dr Tawfiq Nasser, directeur de l’hôpital Augusta Victoria à Jérusalem Est, qui travaille en partenariat avec Hadassah (Jérusalem Ouest) et avec un hôpital de Boston depuis 2002, dit que l’objectif est de "créer une logique de réussite pour les gens des deux côtés". "Il y a une culture de la paix qui se bâtit, et je pense qu’il s’agit d’un moment très important, parce que nous avons tous été touchés par la culture de la violence", dit-il. "Il est très beau de voir ... qu’il existe tant de secteurs d’activités au-delà de ce projet... que créera cette fondation pour une culture de la paix".

Pour le Dr Kobi Assaf, responsable de la médecins d’urgence à l’hôpital Hadassah, "nous n’avons pas la prétention de faire la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais nous pensons que la médecine est l’un des meilleurs ponts qui puissent être dans ce conflit, et si le projet de médecine d’urgence est "une modeste contribution à la paix, cela me suffira". Dans tous les conflits, dit le Dr Assaf, il y a des combattants et "des gens en costumes et cravates qui boivent des cocktails et discutent de paix... Mais tout cela ne vaudrait rien sans que des gens comme Tawfiq et moi se parlent - des amis qui font des choses ensemble. Et je crois que c’est ce que nous essayons de faire : des petits pas".

Nader Khatib, le président palestinien de Good Water Neighbors, dit que le projet est mieux soutenu aujourd’hui qu’il ne l’était à ses débuts en 2001, et il espère l’étendre à 17 villes. Ce programme a été créé par EcoPeace/Friends of the Earth Middle East et il est soutenu par la Commission européenne et par le gouvernement américain.

"Tout le monde au gouvernement se rend compte que pour nos actions, il est bien plus facile et efficace de passer par des ONG. Celles-ci ont davantage de crédibilité et elles peuvent avancer sans attendre que les politiciens finalisent un traité de paix global", dit Khatib. "Notre environnement ne peut pas attendre un traité de paix. Si nous n’agissons pas très vite, il n’y aura plus rien de quoi profiter après la signature d’un accord".

Seeds of Peace essaie lui aussi de se développer et veut lancer une émission de radio pour les enfants palestiniens qui parlerait de tolérance et de coexistence pacifique, dit Ruba Musleh, coordinatrice des actions en Cisjordanie. Certains Palestiniens pensent que les membres de ce groupe sont des "idéalistes", ou qu’on leur a "lavé le cerveau", mais Ruba affirme que de jeunes hommes qui ont regardé les militants nettoyer une zone près du mur israélien pour que les enfants puissent y jouer ont vu "qu’il existe encore des gens pour apporter à ce lieu la beauté et la paix". Et elle ajoute : "ce que nous faisons maintenant, Israéliens et Palestiniens, c’est inspirer une génération après l’autre de l’idée de la paix, mais en même temps, nous leur apportons un présent meilleur".