Abbas prouve qu’il est un partenaire de paix, écoutons-le !

par Ha’Aretz, éditorial de la rédaction

Traduction : Tal Aronzon pour LPM

Photo : Visite de la délégation du Meretz à Ramallah. Au centre, le président palestinien entouré des députés Issawi Frej et Zehava Gal-On, tête de file du parti, tenant la charte de l’initiative arabe de paix.

Ha’Aretz, le 25 août 2013

http://www.haaretz.co.il/opinions/e... : להקשיב לעבאס – Écoutons Abbas http://www.haaretz.com/opinion/.pre... : Abbas has proven he’s a partner for peace

En une série de déclarations importantes et courageuses, Ma’hmoud Abbas a montré que les Palestiniens disposent d’un homme d’État pragmatique, qui offre à Israël une chance à ne pas manquer. Les propos avisés du dirigeant palestinien ne sauraient se heurter au silence de Benyamin Nétanyahou : « Nous avons là une occasion unique de parvenir à un accord historique », conclut dans sa version anglaise la rédaction du Ha’Aretz, qui appelle la tête de file du parti Travailliste, Shelly Yacimovitch, à y apporter sa pierre.

La rencontre à Ramallah, jeudi, entre le président palestinien Mah’moud Abbas et une délégation du Meretz a mis une fois de plus en lumière le fait qu’Israël a un partenaire dans les pourparlers de paix. Il a prouvé, par un ensemble de déclarations importantes et courageuses, que les Palestiniens ont un dirigeant pragmatique aspirant à des accords de paix, et prêt à prendre des mesures significatives afin de créer une réalité nouvelle et meilleure dans la région. Il n’a esquivé aucun sujet, exprimant des positions claires sur des questions perçues comme portant à controverse. Une déclaration palestinienne de fin de conflit ferait partie des accords de paix, a-t-il souligné : « On dit qu’après la signature nous continuerons à réclamer Haïfa, Acre et Safed. Ce n’est pas vrai. La signature d’un accord marquera la fin du conflit. »

Le président palestinien a ensuite précisé qu’en cas de règlement négocié l’État palestinien accepterait d’être démilitarisé. « Nous n’avons pas besoin d’avions ni de missiles, il nous suffit d’une puissante force de police », a-t-il dit. Il a même révélé qu’un accord avait été trouvé au cours de ses précédentes négociations avec le Premier ministre de l’époque, Éhud Olmert, sur le stationnement de soldats américains en Cisjordanie.

Abbas a dit encore que les Palestiniens accepteraient des modifications de la ligne frontière antérieure à juin 67 dans le cadre d’échanges de terres : « Prenons une carte et commençons à dessiner les frontières », a-il proposé, n’excluant pas non plus que quelques implantations juives puissent demeurer [sur le territoire] sous souveraineté palestinienne après la signature d’un accord.

Concernant le désir israélien d’un accord intérimaire et tout en insistant sur son objectif, qui est de parvenir à un règlement final neutralisant les « divers éléments qui cherchent à saboter les choses et faire dérailler le processus », le dirigeant palestinien a dit « accepter une mise en œuvre progressive des accords ... exactement comme vous l’avez fait avec l’Égypte pour le retrait du Sinaï ».

Les positions énoncées par Ma’hmoud Abbas montrent que le Premier ministre Benyamin Nétanyanou n’a conscience ni de l’importance du moment ni la valeur de son adversaire, et voit tout ce processus comme la dîme due à l’oncle d’Amérique. « Nous voulions que les équipes de négociateurs se réunissent tous les jours ou tous les deux jours, non une fois par semaine ou par dix jours comment l’entendent les Israéliens », a raconté Abbas à la délégation du Meretz, ajoutant qu’il n’avait aucune objection à une rencontre avec Nétanyahou, et déplorant que les pourparlers n’aient pas avancé pour l’instant.

« Sans la paix, il y aura des tragédies, ici. Une chance se présente, maintenant. Voyez ce qui se passe dans la région, tout n’y est que chaos. C’est le moment de parvenir à un accord », conclut le président palestinien. Dommage qu’aux présents propos ne réponde pour l’essentiel que le silence de Nétanyahou. Dommage qu’au lieu de saisir l’occasion de conduire Israël vers une réalité nouvelle, le Premier ministre préfère s’occuper de « gérer le conflit » comme le dernier des comptables.